CR du stage voilistique du 12 au 16 janvier

stagiaires TML Voile
stagiaires pendant le stage voilistique

Ma saison 2009 a débuté par un stage voilistique du 12 au 16 janvier. L’objectif du stage est d’acquérir les bases de la voile de plaisance dans les quatre fondamentaux : Sécurité, Manœuvres, Navigation et Vie à bord. Le détail du programme est sur le site de TML Voile.

Lundi matin, Les stagiaires : Elisabeth, Pierre, Patrick, Stéphane et Vincent n’ont pas été effrayés par le froid sibérien qui règne en ce début d’année et ils sont tous présents sur Nomade. Le stage commence par la présentation des stagiaires, leurs objectifs et l’explication du déroulé de la semaine puis l’affectation des cabines.

La vie à bord est un élément important dans la navigation de plaisance et l’avitaillement une opération qui ne s’improvise pas. Les menus de la semaine sont décidés en commun et tiennent compte du climat, des goûts de chacun et des possibilités de cuisson à bord. Nous optons après réflexion pour un pot au feu, une ’’grosse louloutte’’, une choucroute, une potée au chou, des soupes de légumes moulinés par nos soins, des pâtes à la sicilienne, cake aux olives, cake au thon, gâteaux au chocolat, aux pommes, et aux yoghourts. Tous ces plats seront cuisinés avec les moyens du bord et des produits frais tout au long de la semaine. Les recettes font partie de la formation. Pendant qu’une partie de l’équipage effectue l’avitaillement et le rangement des vivres, l’autre contrôle les éléments de sécurité, en préparation du ’’topo’’ (un exposé fait par le moniteur dans le langage TML).

En première partie du ’’topo’’ Sécurité , les stagiaires restituent au groupe l’ensemble des points qu’ils ont contrôlés et précisent leurs emplacements, éventuellement le fonctionnement si cela est nécessaire. Pendant la seconde partie les règles de sécurité comportementales sont abordées, l’appropriation du harnais, son utilisation et les déplacements à bord. L’incendie et l’homme à la mer complètent le ’’topo’’.

Un rapide déjeuner clôt la matinée. Traditionnellement, s’ensuit une sortie en mer qui permet d’évaluer le niveau des stagiaires afin d’adapter les exercices à venir. Mais la météo ne le permet pas, en raison d’un avis de grand frais en cours, valable jusqu’en fin de nuit. L’après-midi sera scolaire, au tableau blanc de la salle de cours de TML avec comme programme, la mécanique des fluides, les écoulements laminaires, la navigation sur la portance, en poussée et la dictature des penons et autre faveurs , …. ouf, il est temps d’aller cuisiner les gâteaux et de se coucher !

La Hève
La Hève

Mardi , le vent est de sud-ouest 20 nœuds rafales 25. Après avoir étudié les possibilités de navigation, nous avons décidé d’ aller à Ouistreham. À 9h15, la GV est hissée avec 1 ris dans l’avant port. Mais une fois dans le chenal, impossible de dérouler le génois, retour à la case départ. De nouveau à quai , rien à faire, la voile refuse de se dérouler. Il faut aller voir en tête de mât, l’équipage me hisse , bien assis sur ma chaise de calfat, pendant qu’ils moulinent. Le problème est identifié, je redescends et laisse Benjamin prendre la réparation en main. Une heure après, nous sommes de nouveau prêts à partir, seulement le temps est passé, il est 11h et les conditions ne sont plus aussi favorables, nous allons devoir naviguer une partie de nuit , avec un thermomètre en-dessous de zéro, cela n’est pas très ’’fun’’. Les avantages et les inconvénients de la navigation sont exposés, je laisse le choix aux stagiaires, l’objectif est de travailler les virements de bord et les réglages, cela peut très bien se faire dans la baie. Unanimement, ils décident de partir, ’’y a pas à dire’’ l’esprit des Vikings est avec nous !

18 milles nautiques en route directe nous séparent de l’arrivée, face au vent, avec 25 nœuds établis, à contre-courant et par grande marée de vives-eaux, cela multiplie la distance par deux et la peine par trois dit le dicton ! nous l’avons vérifié, en passant tout notre temps à virer de bord et à faire marcher le bateau, nous n’avions pas froid pendant ce temps là.

Arrivée à Ouistreham, on constate que le ponton d’attente a les pieds au sec, « grand-coeff « oblige, et nous devons attendre 22h pour passer l’écluse. L’ancre est plongée dans le chenal et nous attendons d’être éclusés, bien au chaud dans le bateau en préparant le repas.

Le mercredi , après une bonne nuit dans la marina et une douche chaude pour certains, retour au Havre en raison d’une prévision météo pessimiste pour jeudi. Le vent a molli légèrement mais la direction reste la même SO 10 à 15 nds, toute la matinée, vent arrière, nous enchaînons les bords de grand-largue, par des successions d’empannages. vers midi, nouvel exercice, chacun met à la cape le voilier. L’exercice terminé, nous restons à la cape le temps de se réchauffer à l’intérieur en préparant le déjeuner. L’après-midi, initiation au spi, envoi et conduite au grand largue . Mais le vent monte , et l’exercice se termine par un beau départ au loff, maîtrisé heureusement par l’équipage qui a bien retenu la consigne de larguer le hale-bas quand ça commence à chauffer.

La soirée se termine en salle de cours par un ’’topo’’ sur l’équilibre du bateau, l’importance du positionnement et du pourcentage du creux des voiles, etc.)

Ciel d’hiver depuis le bateau
Ciel d’hiver depuis le bateau

Jeudi, le vent est établi à 25 nd avec des rafales de SO, c’est moins que prévu, nous envisageons un aller et retour à Deauville. Deux ris dans la GV et autant de tours dans le génois. l’aller est une succession de virements de bord, avec une attention particulière portée sur l’équilibre du bateau. Les conditions sont idéales pour cet exercice. En début d’après-midi nous sommes devant l’entrée du chenal de Deauville, mais les rafales se sont encore renforcées et nous ont retardés. Nous n’accosterons pas à Deauville, le bateau est mis à la cape en profitant de la dérive positive. L’équipage va goûter au confort du carré, à l’abri du vent, à la chaleur apportée par la cuisson d’une bonne soupe de légumes, accompagnée d’une terrine du sud-ouest, cadeau de Marie-Noëlle de Geloux, pour le plus grand plaisir de l’équipage.

L’après-midi , le vent est à 180°, chacun tourne sur tous les postes d’empannage, tel des pros, cette manœuvre redoutée est devenue une formalité à bord. Je n’ai plus à intervenir et savoure cet instant particulier où Pierre, emporté par la réussite, dégaine les empannages plus vite que son ombre.

Vendredi matin, pétole ! j’en profite pour décomposer au port l’enchaînement des actions nécessaires pour prendre un ris et le larguer. Chacun tourne sur tous les postes et manœuvre les ris au catway. Le midi, nous sortons au moteur pour mouiller devant la plage du Havre et prendre notre dernier repas ensemble, dans le cockpit, comme on le fait les belles journées d’été.

Enfin, le reste de l’après-midi est consacré au nettoyage du bateau. Chacun vient échanger ses impressions et évaluer ses résultats en tête à tête avec moi sur un autre bateau. Cette évaluation fait l’objet d’un suivi sur une fiche propre à TML qui après avoir été complétée est remise au stagiaire. Nous nous quittons le soir vers 18h, et je ressens la satisfaction qu’on éprouve lorsque chacun sait au fond de lui-même que le stage est réussi. J’espère dans l’année retrouver à l’occasion des sorties de plaisance ces stagiaires, qui j’en suis sûr, auront bien progressé.

Prochaine sortie pour moi si Météo le veut : Casino à Deauville le week-end du 21 et 22 mars

Denis Fousse, moniteur TML Voile